“C’est le temps des réformes, c’est long et c’est court”…

H.S., Philosophie de comptoir, Planet Libre 2 commentaires »

Bonjour,

Excusez d’abord la pauvreté du titre, mais c’est un champ qu’il faut impérativement remplir, même quand on est en manque d’inspiration…

Bon, le sujet  ne traite pas vraiment de liberté logicielle, mais de liberté individuelle, et aussi de confort d’utilisation, en ce sens que ce dont je vais vous parler risque de faire un beau capharnaüm sur la toile, déjà bien assez chaotique, j’espère que vous me pardonnerez le raccourci…

En effet, L’iCANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers), vous connaissez sans doute, c’est la gentille association qui gère nos noms de domaines, gentillement soutenue par le département du commerce Américain, sans qu’aucun des deux partis n’en tire profit, bien sûr: l’ICANN est une association de droit californien à but non lucratif. Cet organisme, actuellement dirigé par l’australien Paul Twomey, est en charge de la gestion et de la distribution des noms de domaines, comme *.net, *.com, …. Alors que 18 directeurs de l’organisation se réunissaient hier (23/06/2008) à Paris lors de leur 32ème réunion internationale, ils ont annoncé, tenez-vous bien, la libéralisation des extensions des noms de domaines ! Nous verrons donc dès le premier trimestre 2009, fleurir dans nos barres de navigation de nouvelles extensions exotiques, comme http://mr-yann.est.libre (non, je ne compte pas souscrire…), http://www.firefox.mozilla, etc… Réjouissez-vous au moins sur un point: http://del.icio.us ou http://roland.entierement.nu n’auront plus le privilège des jeux de mots vaseux (quoique j’apprécie ce dernier blog)…

Alors que certains vantent et louent cette démarche libérale, certains, comme moi, en cherchent avant tout l’intérêt. Mais je cherche aussi pourquoi, et c’est là le point le plus pathétique, ni les acteurs d’internet, ni les utilisateurs n’ont été avisés de cette décision….

Toutefois, il fait beau aujourd’hui, Gnome m’affiche 27°C/Grand soleil (ce qui n’est pas vrai), donc il y a quand même quelques informations réjouissantes (ou pas) dans ces annonces burlesques: l’ICANN annonce que les caractères romains, ceux avec lesquels j’écrit, là, ne seront plus seuls dans nos barres d’adresses: les caractères russes, chinois ou coréens seront autorisés par l’ICANN, ceci entrant en vigueur en même temps que les autres blagues idées. Je m’en réjouis car c’est, comme le souligne Dominique Seux (rédacteur en chef des Echos et un peu trop optimiste à mon goût), c’est la fin du web occidental. C’est donc une bonne nouvelle: liberté, égalité… Mais c’est tout: pour la fraternité, j’ai peur que l’effet obtenu soit l’inverse de celui escompté: même si je ne vais que rarement me balader sur des sites sinophones, je crains que le web ne soit séparé désormais en plusieurs factions, dont la bannière serait le clavier utilisé: pensez bien que peu de gens iront chercher dans les caractères spéciaux ceux nécessaires à la composition de leur adresse… Mais cela reste très abstrait, puisque dans la pratique, nous n’irons probablement pas plus sur les sites chinois que nous n’y allons actuellement (c’est un mauvais exemple: disons… sur les sites russes ;)).

Mais je reviens à cette libéralisation des extensions… Il reste la question des litiges et des marques déposées. Pour remédier à ces deux problèmes, l’ICANN a prévu plusieurs mécanismes.

  • Les “erreurs” syntaxiques ou typographique rapprochant douteusement une extension d’une autre seront interdites: pas de *.kom ou de *.mycrosoft.
  • Un délai de trois mois sera accordé à deux parties réclamant la même extension pour régler le litige à l’amiable.
  • Passé ce délai, si aucun accord n’est dûment passé, l’ICANN met en place un système d’enchères. (?)
  • Les extensions de marques déposées reviennent de droit aux détenteurs des droits. Le plus amusants, c’est que s’agissant de la législation américaine, le dépôt de marque employant un nom commun (genre “apple”, à tout hasard) est autorisé. Donc les pomologues américains ne pourront bénéficier d’un *.apple malgré, je n’en doute pas, leur supériorité numérique…
  • … (Ça veut dire que la liste ne prétend pas à l’exhaustivité et aussi que je n’ai pas vraiment compris les autres mécanismes :) ).

Mais comme j’utilise de temps en temps mon cerveau, il m’est soudainement (pouf!) venu quelques explications à cette idée saugrenue, en tout cas, aucune ne concerne les intérêts des utilisateurs…

Premièrement, l’ICANN perçoit des intérêts sur les extensions auprès des organisations auxquelles ont été délégué la gestion d’une extension, par exemple l’AFNIC, en charge du *.fr. Ces intérêts représentent 95% du chiffre d’affaire de l’ICANN, qui était 31,6 millions d’euros en 2008 (année fiscale: du 30/06/2007 au 30/06/2008), soit 30,02 millions d’euros.

Secundo, et c’est le plus pertinent que j’ai trouvé: la libéralisation/mondialisation (sans profane-je ces termes sans en connaître vraiment le sens) d’internet amène à une augmentation surprenante (mais prévisible) des litiges sur les noms de domaines (cybersquat): 2156 en 2007, au lieu de 1497 en 2005 (+ 44%).

Je doute cependant que régler un problème par un autre soit la solution la plus efficace et la plus intelligente. En effet, ces nouvelles mesures, même si elles ont toutefois quelques point attrayants, nécessiteront des moyens largement supérieurs à ceux déployés actuellement par l’ICANN. Mettre en place les moyens adéquats en quelques mois, cela semble relevé du treizième travail d’Hercule… De plus, croyant sincèrement en la pureté de l’ICANN, j’imagine qu’aucune tractation n’a déjà été engagée en coulisse (à ceux que ma prose fatigue: c’est ironique)… Bref, ce que je crains le plus, c’est que l’argent n’est plus trop excentré de ce type de “révolution”, et qu’il y aura des mécontents, des insatisfaits et des laissé-pour-compte, et que ce seront toujours les mêmes… Sans parler du phishing contre lequel la plupart des navigateurs commence à parvenir à lutter correctement, et là, c’est une deuxième naissance que nous lui offrons…

PS: L’analyse reste personnelle et béotienne, je ne suis ni économiste, ni quoique ce soit qui me donne le droit d’avoir un avis pertinent, mais je lis la presse et j’arrive encore à m’en indigner, quelque fois…

Sources:

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Linux à ceux qui n’en veulent pas et qui ne savent pas pourquoi…

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Bonjour,

Je tente d’être présent sur un forum (une communauté graphique), j’y parviens d’ailleurs de moins en moins. Quand j’y passe, je surveille un topic parlant de Linux, et qui contient donc forcément des comparaisons vaseuses avec Windows. Etant parti pour une rapide intervention, j’ai finalement synthétisé le discours que je tiens habituellement aux novices intéressés. Ça nécessiterai sûrement une réécriture, mais j’ai pour l’instant la flemme de re-re-synthétiser tout ça. Je répondais en vrac à plusieurs affirmations erronées ou fausses au sujet de Linux. C’est surtout la seconde partie qui concerne vraiment Linux, mais je conserve l’intégralité du message par souci de lisibilité. Je vous donne ça a chaud, mais c’est vrai qu’il faudra réécrire tout ça… La discussion, c’était ici.

Bonjour, Précisions en vrac:

Le fait qu’il y ai peu d’utilisateurs en desktop sur Linux n’explique en RIEN, même pas 0.001% la non-présence de Virus sous Linux: zéro, niet, peanut, quedal: 80% des serveurs internet sont sous Linux/Apache, donc pour les hackers, il y aurai beaucoup d’intérêt à élaborer des virus pour linux, puisque ce sont les serveurs qui contiennent les base de données (avec les identifiants et mots de passe de beaucoup de gens…), les films de warez, etc… Donc NON, s’il n’y a pas de virus sous linux c’est parceque c’est tout simplement bien fait. Mais je tenai à insister sur deux points:

- Au sujet des hackers: Attention à ce que vous dites, un hackeur est un bidouilleur, un programmeur, qui aime bidouiller les réseaux et les systèmes, mais pas dans le but de nuire. Un hacker n’est en aucun cas un être nuisible, ce sont eux qui sont à l’origine des principales découvertes en matière de sécurité informatique! Ne confondez pas avec les lamers, ces petits adolescent boutonneux qui découvrent JTR et qui se prennent pour les rois du monde, après avoir vu Opération Espadon ou Matrix… Ces petits cons-là ne sont pas des hackeurs, et c’est à la presse que l’on doit l’amalgame entre les deux. Bref, Titoupath, ton extrait (erroné) du débat entre Mme Royal et M. Sarkozy est hors de propos, puisque les hackers sont généralement ceux qui résolvent les failles: tu crois qu’il travaille où maintenant Kevin Mitnick ? De plus, dans le monde où nous vivons, éradiquer la delinquance informatique ne servirai à rien puisque les gens, même s’ils n’avaient plus besoins d’Antivirus, de Firewall, demanderaient à être sécurisés. En informatique, sais-tu d’où viens la plus grande insécuritée ? C’est l’utilisateur lui-même qui est le plus dangereux… Ainsi, les mécanismes de sécurité que contient un OS sont soumis à un dilemme: préserver à tout prix l’integrité des données, quitte à priver l’utilisateur de ses droits et à mettre des systèmes de contrôles à son insu, ou laisser l’utilisateur libre, quitte à ce qu’il doive assumer ses mauvais choix. Entre les deux OS: chacun de ceux dont nous parlons ont fait un choix différent à ce niveau. Mais là où j’ai peur (et là où Orwell avait raison), c’est quand je vois que la majorité des utilisateurs lambda accepte, même quand ils connaissent tout les enjeux, qu’une part de leur liberté soit entamée au profit de l’efficacité de leur travail… Là, je ne peut plus rien faire…

-Deuxième point important: la démarche de développement de Windows et de Linux… Windows, derrière, c’est une société. Comme toute société, elle a besoin, en ce monde d’économie de marché, de survivre. Pour cela, l’entreprise a des impératifs financiers, des obligations de résultats. Contrairement à ce que l’on pense, tout ces enjeux étaient présent lors de l’élaboration de Vista, XP, NT, (…) et exerçaient une pression considérable sur les développeurs.Où veux-je en venir ? Dans le cadre de cette pression, une entreprise comme Microsoft va favoriser ce que l’utilisateur lambda voit en premier: Quand vous achetiez XP, vous n’étiez pas étonné que la session par defaut soit une session ayant les pleins privilèges, ce qui vous met à la portée d’une prise de controle par un pirate malicieux, non, vous vous en fichiez! A l’époque, vous étiez captivés par le thème, par le menu “Démarrer” tout beau et tout rond, avec un jolie Bleu et une belle prairie en fond d’écran… Vous aviez l’impression que Windows était mieux parce que le thème était plus moderne. Bref, il y a deux éléments à discerner: Ce qui fait que l’utilisateur croit que son système est bien, et ce qui fait que le système est véritablement bien. En terme marketing, il semblerai normal de favoriser le premier élément, qui est plus vendeur et plus parlant aux clients (=utilisateurs).
Bref, il y a la coquille et le noyau: la coquille, c’est ce que l’on voit, et le noyau, c’est ce qui fait marcher. A court terme, Microsoft a fait d’important bénéfice en peaufinant la coquille et en baclant le noyau. Mais à long terme, le noyau devient trop instable et la coquille se fissure. Alors que les développeurs de distributions GNU/Linux ont, dès le début, favorisé avant tout la stabilité/sécurité/viabilité du noyau, puis se sont ensuite intéressés à l’aspect. C’est pour ça qu’au final, en 2008, Windows peine tout juste à superposer en 3d toutes les fenêtres ouvertes, et que Linux, au même moment affiche 4 (ou +) bureaux en cube, fait exploser des fenêtres… Bizzare, non ?

Pour finir, je dirai que les habitudes acquises avec Windows faussent le jugement, et qu’en n’ayant connu que Windows, je trouve indécent de philosopher sur l’hypothétique supériorité de l’un ou de l’autre, sachant que les critères d’analyse ne sont basés que sur une expérience d’utilisateur moyen en environnement Windows.

Ha oui, dans mes metaphores vaseuse: quand je disais Noyau/Coquille, je ne faisais pas référence à la définition informatique du noyau, même si c’en est proche…

Je concluerai sur ce que je dit toujours aux gens avec qui j’en parle: Je ne dit pas que Linux est mieux qu’un autre, je vous rappelle juste que vous avez le choix entre Windows et autre chose, entre Office2007 et autre chose, entre Internet Explorer et autre chose. Choisissez celui que vous voulez, mais n’oubliez pas que vous avez le choix. Si 1984 pouvait ne rester qu’un roman, ça serai cool…

PS: Cette analyse reste subjective et personnelle, elle peut être fausse, mais ça me semble tenir debout…

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Voualou ! C’était la citation qui innaugure la catégorie “Philosophie de Comptoir” de ce blog. En effet, ça n’est peut être pas très pertinent comme réflexion, mais si vous avez des éléments à réfuter/corriger/approuver, n’hésitez pas à me le faire savoir…

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